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Site du Professeur Cyril Tarquinio
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Licence 3 - CM- UE 603 EC1 Psychothérapie et dimensions traumatiques

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Textes à lire obligatoirement

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Le Reseau de Recherches Fondées sur les Pratiques Psychothe ́ rapiques : comprendre pourquoi et comment une psychothe ́ rapie marche
Pourquoi et comment une psychothérapie [...]
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L’alliance thérapeutique en psychothérapie : apports de la recherche empirique
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Méta-analyse et efficacité des psychothérapies : faits et fictions
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Les différents courants de psychothérapies, leurs champs et leurs délimitations
Les différents courants de psychothéra[...]
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Évolution du concept d’alliance thérapeutique en psychanalyse, de Freud à Renik
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Effet placebo et valeur de sens dans l’évaluation des psychothérapies
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Les courants inte´ gratifs en psychothe´ rapie
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Les thérapeutes font-ils ce qu’ils disent faire ? Comparaison entre prototypes idéaux et pratiques réelles pour plusieurs formes de psychothérapies1
Les thérapeutes font-ils ce qu’ils dise[...]
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Biais d’amplification dans les citations : l’exemple d’une revue systématique de la littérature sur l’efficacité de la thérapie comportementale et cognitive des symptômes psychotiques
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Conférences à écouter

Cerveau et Psychothérapie
Les psychothérapies sont-elles rationnelles?
Psychothérapies - problèmes de définition et autres problèmes
Deux jours de congrés sur la prise en charge en trauma: A écouter.....

Livres à lire

Un livre qui questionne...lisez çà!

Désormais, on ne lira plus jamais Freud comme avant…

Teste tiré de ce lien https://tobienathan.wordpress.com/lectures/on-ne-lira-plus-jamais-freud-comme-avant/

 

Comment va-t-on réagir au nouveau livre de Mikkel Borch-Jacobsen intitulé Les patients de Freud ? J’entends déjà mes collègues psychanalystes : « nous savions tout ça… »

Certes, nous savions un peu… heu… depuis le Livre noir de la psychanalyse, puis surtout la somme incontournable du même Mikkel Borch-Jacobsen avec Sonu Shamdasani, Le dossier Freud, que la majorité des cas cliniques — pourquoi j’écris la majorité ? — la totalité des cas cliniques rapportés par Freud étaient « bidonnés », comme on dit dans le monde du journalisme. Nous savions aussi, sans peut-être en tirer les conséquences quant à la théorie psychanalytique, que la majorité des patients suivis par Freud s’en sont portés plus mal, parfois beaucoup plus mal. Certaines cures psychanalytiques ont tourné en lamentable tragédie. La pire de toutes, peut-être, fut celle de Horace Frink, un temps Président de la société psychanalytique de New York, qui s’est conclue par quatre morts (deux suicides et deux morts prématurées) et la destruction définitive de deux familles. On peut bien sûr penser que même sans l’intervention de Freud, tout cela se serait terminé en hécatombe… Peut-être ! Mais la part qu’y a pris Freud reste scandaleuse, y compris au regard d’un observateur de l’époque. Horace Frink était sans doute gravement malade, probablement atteint de ce que l’on appellerait aujourd’hui un « trouble bipolaire » (à l’époque « psychose maniaco-dépressive »). Freud, qui ne se souciait manifestement que des rapports de force au sein de la société américaine de psychanalyse, a délibérément utilisé l’influence qu’il avait sur son patient pour le contraindre à divorcer et à épouser la millionnaire Angelika Bijur. Il attendait de ce mariage qu’il manigançait dans le secret de son cabinet, une mainmise durable sur la société psychanalytique américaine, sur son président, bien sûr, et sa nouvelle épouse à la fortune colossale, héritière des tabacs, de la General Motors et des machines à écrire Underwood… Nous avions lu cette histoire, bien sûr, non sans un sentiment de répulsion…

Nous connaissions aussi depuis longtemps la véritable identité de la fameuse Anna O., Bertha Pappenheim, la vérité de sa cure avec Joseph Breuer qui l’a conduite en asile psychiatrique durant une dizaine d’années. On peut dire avec certitude que Bertha Pappenheim a été aggravée par ces démiurges inconscients qu’étaient les psychothérapeutes de l’époque et qu’elle dut à sa créativité propre, son courage personnel et son investissement dans les luttes sociales une guérison intervenue très longtemps après sa fameuse « talking cure ». Bertha Pappenheim fut l’initiatrice du féminisme en Allemagne, une bienfaitrice infatigable et garda toute sa vie un profond dégoût pour la psychanalyse et pour Freud.

Si certaines destinées rapportées dans le nouveau livre de Mikkel  Borch-Jacobsen étaient connues, quoique pas toujours dans leurs détails, on en découvre quantité dont on ignorait tout, telles celles d’Anna von Lieben, qui subit les expérimentations hypnotico-cathartiques de Freud durant six ans, de la baronne Marie von Ferstel, qui lui fit don d’une maison de campagne pour lutter contre une constipation récalcitrante, du Baron Viktor von Dirsztay, qui finit par se suicider — suicidés comme d’autres que nous découvrons ici… Tous ceux-là et bien plus, avaient été réduits à une vignette clinique destinée à illustrer une théorie et les voilà qui s’animent devant nos yeux, surgissant de la tombe des textes comme des malemorts. Désormais, personne ne lira plus Freud comme auparavant. L’on se souvient par exemple, du fameux texte intitulé « la psychogenèse d’un cas d’homosexualité féminine »… un cas invraisemblable, qui m’avait déjà fait sursauter à l’époque où je l’avais découvert, au tout début des années ‘70’, par son caractère artificiel et contradictoire. On saura désormais que la patiente, héritière et millionnaire, Margarethe Csonka, ne s’était prêtée à la mise en scène psychanalytique que pour détourner l’attention de son père de ses attirances homosexuelles trop voyantes. La patiente se rendait tous les jours chez Freud, lui racontant ce qu’il voulait entendre, inventant littéralement des rêves et considérant ses interventions avec une condescendance distante. Elle vécut près de cent ans. Un an avant sa mort, en 1998, elle se souvenait : « Oui, bon, je n’ai pas beaucoup apprécié le Docteur Freud… Un jour, il m’a dit : ”je vous mets en rapport avec les motions les plus profondes de votre âme et vous, c’est comme si je vous lisais quelque chose à voix haute dans le journal…” » (p. 186)

On sort de la lecture de ce livre transformé. Ces êtres fabriqués, ces marionnettes de guignol qu’étaient jusqu’alors les cas cliniques de Freud, les femmes des Études sur l’Hystérie, « l’homme aux loups », « l’homme aux rats », « Anna O. », « le petit Hans » et bien d’autres, ces êtres factices seulement destinés à nous convaincre d’une théorie, sont partis en fumée, consumés par la précision de l’historien. C’est certainement l’apport le plus important du livre de Mikkel Borch-Jacobsen que de leur redonner vie — de leur restituer une vie ! — avec talent.

Au travers du récit de 31 destins, se dessine aussi une vue d’ensemble de la clientèle de Freud. Jusqu’à 1920, elle était quasi exclusivement constituée de Juifs autrichiens fortunés. Issus de la haute bourgeoisie ou de l’aristocratie, beaucoup d’entre eux étaient millionnaires, très proches culturellement de lui, auquel ils étaient parfois liés de manière familiale. Ce qui explique sans doute le nombre anormalement peu élevé de plaintes. Après la première guerre, Freud n’acceptait plus que des étrangers, des Américains, surtout, quelques Anglais, aussi, qui pouvaient payer en devises.

On sort aussi avec une conviction encore plus clairement affirmée : la psychanalyse — du moins celle que pratiquait Freud — n’était décidément pas une thérapie. Sur les 31 patients dont Mikkel Borch-Jacobsen parcourt la vie, peut-être deux — à la rigueur trois — se sont dits satisfaits du traitement. Une autre caractéristique des patients de Freud saute aux yeux : leur dépendance aux toxiques. La Cecilie M. des Études sur l’hystérie, auprès de laquelle Freud accourait à chaque crise qu’il disait soulager par l’abréaction… Il avait omis de nous préciser qu’elle était dépendante à la morphine et que ses crises, dues au manque, étaient plus soulagées par la piqûre de morphine que par les réminiscences.

Eh bien, tout ça, on le savait peut-être un peu, mais pas avec une telle précision, pas de la main de quelqu’un qui sait de quoi il parle.

Joli petit bouquin, bien écrit, comme une série de petites valses viennoises, il est aussi très agréablement présenté, avec une iconographie originale. Un tournant dans l’histoire de la psychanalyse ! Désormais, on lira Freud avec ce petit bouquin à côté et, chaque fois qu’on tombera sur un cas clinique, on ira fouiller dans Borch-Jacobse

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